07.04.2008

*PRINTEMPS*

Poème de Théophile GAUTIER (souvenir d'école primaire !)

*Premier sourire du Printemps*

Tandis qu'à leurs oeuvres perverses

Les hommes courent haletants,

Mars qui rit, malgré les averses,

Prépare en secret le Printemps.

 

Pour les petites pâquerettes,

Sournoisement lorsque tout dort,

Il repasse des collerettes

Et cisèle des boutons d'or.

 

Dans le verger et dans la vigne,

Il s'en va, furtif perruquier,

Avec une houppe de cygne,

Poudrer à frimas l'amandier.

 

La nature au lit se repose;

Lui descend au jardin désert,

Et lace les boutons de rose

Dans leur corset de velours vert.

 

Tout en composant des solfèges,

Qu'aux merles il siffle à mi-voix,

Il sème aux prés les perce-neiges

Et les violettes aux bois.

 

Sur le cresson de la fontaine,

Où le cerf boit, l'oreille au guet,

De sa main cachée il égrène

Les grelots d'argent du muguet.

 

Sous l'herbe, pour que tu la cueilles,

Il met la fraise au teint vermeil,

Et te tresse un chapeau de feuilles

Pour te garantir du soleil.

 

Puis, lorsque sa besogne est faite,

Et que son règne va finir,

Au seuil d'avril tournant la tête,

Il dit : "Printemps, tu peux venir !"

medium_R_Img_1537.jpg(photo de Papydom, récompense suite à devinette)

 

 

 

02.11.2007

Aujourd'hui 2 Novembre

Nous venons de vivre la tradition française pour le 1er Novembre, la TOUSSAINT.
Aujourd'hui, 2 Novembre, fête des DEFUNTS
Voilà un joli texte, assez connu, parfois lu à l'occasion de cérémonie religieuse pour une séparation définitive, avec la famille, les amis, connaissances. Il aide parfois moralement.

medium_La_mort_n_est_rien.jpg

medium_rosesdenoel.2.jpg

01.02.2007

Paul FORT

*Ecrivain, poète Français Paul FORT est né le 1er Février 1872 à Reims et décédé le 20 Avril 1960, il repose à Montlhéry Essonne, dans sa propriété d'Argenlieu.

En 1905, il créa la revue Vers et Prose. Quelques uns de ses poèmes furent mis en musique et chantés par

Georges Brassens (complainte du petit cheval blanc, le bonheur est dans le pré....)

*POEMES  :

              

 

                          CLOCHE D'AUBE

 

 

Ce petit air de cloche, errant dans le matin,

a rajeuni mon coeur à la pointe du jour.

Ce petit air de cloche, au coeur frais du matin,

léger, proche et lointain, a changé mon destin.

Quoi ! vais-je après cette heure survivre à mon bonheur,

Ô petit air de cloche qui rajeunis mon coeur !

Si lointain, monotone et perdu, si perdu, petit air,

petit air au coeur frais de la nue,

tu t'en vas, reviens, sonnes, errant comme l'amour,

tu trembles sur mon coeur à la pointe du jour.

Quoi ! la vie pourrait être monotone et champêtre

et douce et comme est, proche, ce petit air de cloche.

Douce et simple et lointaine aussi, comme est lointain

ce petit air qui tremble au coeur frais du matin.

                                           Paul Fort

medium_intrologo.gif

 

 

 

                    LA RONDE AUTOUR DU MONDE

 

 

 

Si toutes les filles du monde

Voulaient s'donner la main,

Tout autour de la mer,

Elles formeraient une ronde,

Le bonheur serait pour demain.

 

Si tous les gars du monde

Voulaient bien êtr' marins

Ils f'raient avec leurs barques

Un joli pont sur l'onde.

 

Alors on pourrait faire une ronde autour du monde,

Si tous les gens du monde voulaient s'donner la main.

                                            Paul Fort

10.01.2007

La Flûte

 

 

                          

 

 

 

 

 

 

   La Flûte

 

Je n'étais qu'une plante inutile, un roseau

Aussi je végétais, si frêle, qu'un oiseau

En se posant sur moi pouvait briser ma vie.

Maintenant je suis flûte et l'on me porte envie

 Car un vieux vagabond, voyant que je pleurais,

 Un matin en passant m'arracha du marais,

 De mon coeur, qu'il vida, fit un tuyau sonore,

 Le mit sécher un an, puis, le perçant encore,

 Il y fixa la gamme avec huit trous égaux;

 Et depuis, quand sa lèvre aux souffles musicaux

 Eveille les chansons au creux de mon silence,

 Je tressaille, je vibre, et la note s'élance;

 Le chapelet des sons va s'égrenant dans l'air;

 On dirait le babil d'une source au flot clair;

 Et dans ce flot chantant qu'un vague écho répète

 Je sais noyer le coeur de l'homme et de la bête.

      poésie de Jean RICHEPIN (1849-1926)